Le Hyottoko (火男) est un personnage comique du folklore japonais, reconnaissable à sa bouche pincée et tordue, comme s'il soufflait sur un feu. Pas un démon, pas un yokai effrayant : un porte-bonheur du foyer, lié au feu et à la chance. Voici d'où il vient et ce qu'il représente vraiment.

Qui est Hyottoko ?
Hyottoko est un personnage masculin du folklore populaire japonais. On le reconnaît à sa bouche pincée et de travers, comme s'il soufflait, et souvent à un œil plus petit que l'autre. Un tenugui, ce linge de coton souvent à pois bleus, est noué autour de sa tête. Rien de menaçant : c'est une figure de bonne humeur, attachée au foyer et à la chance.
D'où vient le nom Hyottoko ?
Le nom vient probablement de hi-otoko (火男), « l'homme du feu ». Dans les maisons traditionnelles, autour de l'irori (le foyer creusé au centre de la pièce), entretenir le feu était vital. On soufflait sur les braises à travers un tube de bambou. La bouche en cul-de-poule du Hyottoko, c'est ce geste figé : un homme qui souffle sur le feu.
La légende du foyer
Plusieurs contes du Tōhoku lui donnent une origine. Dans une version, un enfant au visage étrange produit de l'or par son nombril quand on le pique doucement. La famille prospère, jusqu'à ce que la cupidité gâche tout. De là, Hyottoko reste associé au feu domestique, au foyer et à la fortune. Les variantes changent d'une région à l'autre, mais le fond ne bouge pas : ce visage porte chance à la maison.

Hyottoko et Okame, le couple des fêtes
Hyottoko va rarement seul. Sa partenaire est Okame (aussi appelée Otafuku), un visage féminin rond, aux joues pleines et au sourire calme. Lui, c'est le mouvement et le comique ; elle, le calme et la bienveillance. Ensemble, ils forment un équilibre, et on les retrouve côte à côte dans les matsuri. C'est d'ailleurs ce duo qui m'a donné envie de fabriquer l'Okame : on ne peut pas vraiment faire l'un sans penser à l'autre. Le masque Okame Dai Yokai arrive bientôt à l'atelier.
Son rôle dans la danse et les matsuri
Hyottoko apparaît surtout dans les danses populaires (kagura, danses de fête). Un danseur met le masque et joue le bouffon : démarche exagérée, gestes maladroits, il fait rire la foule. À Hyuga, dans la préfecture de Miyazaki, un grand festival d'été lui est consacré, avec des centaines de danseurs Hyottoko. Faire rire n'a rien d'anodin ici : la joie attire la chance et plaît aux kami.
Pourquoi ce masque plaît aujourd'hui
Le Hyottoko tranche avec les masques de démons. Là où l'Oni intimide et la Hannya inquiète, lui désamorce. C'est un visage qui met de bonne humeur, facile à poser dans une entrée, une cuisine ou un coin convivial.
Dans mon atelier en Bretagne, je l'imprime en PETG et je le peins à la main. Le plus dur, c'est la bouche : trop marquée elle devient grotesque, trop molle elle perd le geste du souffle. Je garde l'asymétrie juste ce qu'il faut pour qu'il ait l'air vivant.
Passer du folklore à un vrai masque
Le folklore donne l’idée. L’objet, lui, doit tenir dans la main, sur un mur ou sur un stand. Les masques japonais faits main Dai Yokai partent de cette base : Oni, Hannya, Kitsune, Tengu ou Mempo, chacun avec une présence différente.
Questions fréquentes
Hyottoko est-il un yokai ?
Non. C'est un personnage comique du folklore, lié au feu et au foyer, pas un esprit surnaturel effrayant. On le range plutôt parmi les figures porte-bonheur.
Quelle différence entre Hyottoko et Okame ?
Hyottoko est le visage masculin à la bouche tordue (le souffle, le feu). Okame, ou Otafuku, est le visage féminin rond et souriant. Les deux forment un duo dans les fêtes.
Pourquoi sa bouche est-elle de travers ?
Parce qu'il souffle sur le feu à travers un tube de bambou. La bouche en cul-de-poule, c'est ce geste figé.
Où accrocher un masque Hyottoko ?
Dans une entrée, une cuisine ou une pièce de vie. C'est un visage de bonne humeur, il trouve sa place là où on reçoit.
Le Hyottoko porte-t-il chance ?
Oui. C'est une figure du feu domestique et de la fortune : dans les contes du Tōhoku, il est lié à la prospérité du foyer, et dans les matsuri, le rire qu'il provoque est censé attirer la chance et plaire aux kami.