CHANOKAZE : L'ART DU THÉ JAPONAIS, DU JARDIN À LA TASSE
- DAI YOKAI
- 3 févr.
- 6 min de lecture
Il y a boire du thé, et il y a vivre le thé. Pour beaucoup, le thé vert est une simple boisson chaude, parfois amère, que l'on consomme pour la santé. Mais au Japon, le thé (Ocha) est un monde en soi. C'est une philosophie, une esthétique, et une science complexe de terroirs et de cultivars.
En France, il est difficile de trouver cette authenticité. Les supermarchés et les grandes chaînes proposent souvent des mélanges standardisés qui ont perdu leur âme. C'est pour combler ce vide qu'existe chanokaze.
Basée en Bretagne, cette boutique en ligne de thé n'est pas une simple boutique d'importation. C'est le projet d'une vie, celle d'Elodie Morabito. Spécialiste certifiée, ayant vécu et étudié au cœur des plantations japonaises, elle propose une vision puriste et moderne du thé.
Dans cet article, nous partons à la rencontre d'une experte rare. Nous allons découvrir pourquoi un "Nihoncha Adviser" change tout à votre dégustation, ce qu'est un thé "monocultivar", et comment chanokaze redéfinit l'art de vivre à la japonaise en Occident.
Petit post qui sort un peu des masques du folklore japonais pour mettre en avant une petite boutique de thé japonais.
I. 6 ANS D'IMMERSION : LE PARCOURS D'UNE EXPERTE
On ne s'improvise pas maître de thé. La crédibilité de chanokaze repose sur un parcours académique et terrain impressionnant, loin des clichés touristiques.
1. Au Cœur de Shizuoka
Elodie Morabito a vécu 6 ans au Japon. Elle ne s'est pas installée à Tokyo, mais dans la préfecture de Shizuoka. Pour les néophytes, Shizuoka est au thé ce que Bordeaux est au vin. C'est le poumon vert du Japon, là où le Mont Fuji veille sur des collines couvertes de théiers à perte de vue. Vivre là-bas, c'est vivre au rythme des récoltes (Shincha) et des torréfactions.
2. La Certification "Nihoncha Adviser"
Elodie ne s'est pas contentée d'observer. Elle a étudié pour obtenir le titre de Nihoncha Adviser (Conseillère en Thé Japonais), certifiée par l'Association des Instructeurs de Thé Japonais. Ce diplôme valide une connaissance technique pointue :
La botanique du théier (Camellia Sinensis).
Les processus de transformation (étuvage, roulage, séchage).
L'art de l'infusion et de la dégustation sensorielle. C'est une garantie de sérieux que très peu de vendeurs possèdent en Europe.
3. L'École Urasenke (La Voie du Thé)
Au-delà de l'aspect agricole, elle a exploré l'aspect spirituel en étudiant à l'école Urasenke, l'une des trois grandes maisons historiques de la Cérémonie du Thé (Chado). Elle y a appris la chorégraphie précise, l'humilité et le sens de l'hospitalité (Omotenashi) qui entourent la préparation d'un bol de Matcha. C'est cette double compétence — technique agricole et sensibilité culturelle — qui fait l'ADN de Chanokaze.
II. LA PHILOSOPHIE CHANOKAZE : LE "MONOCULTIVAR"
Si vous visitez la boutique chanokaze, vous remarquerez un terme qui revient souvent : Monocultivar. C'est la signature de la maison. Mais qu'est-ce que cela signifie ?
1. Le Problème des "Blends" (Mélanges)
La majorité des thés vendus dans le monde sont des assemblages. Les gros industriels mélangent des feuilles de plusieurs fermes et de plusieurs variétés pour obtenir un goût standardisé, identique d'année en année. C'est stable, mais c'est souvent plat. C'est comme boire un vin de table sans année ni château.
2. La Richesse du Monocultivar (Le Terroir)
Chanokaze prend le contre-pied en proposant des thés issus d'une seule variété de théier (cultivar) et d'une seule parcelle.
Le Yabukita : Le standard japonais, équilibré et végétal.
Le Saemidori : Brillant, vert intense, avec peu d'astringence.
Le Koshun : Rare, avec des notes florales de cerisier ou d'orchidée. En choisissant un thé Chanokaze, vous goûtez la personnalité unique d'un fermier et d'une saison précise. C'est une expérience gustative beaucoup plus riche et surprenante.
3. Le Sourcing Direct (Circuit Court)
Grâce à ses années sur place et à sa maîtrise de la langue japonaise, Elodie source ses thés sans intermédiaires inutiles. Elle connaît les producteurs. Elle sélectionne des petits lots, souvent issus de l'agriculture raisonnée ou biologique, qui ne sortent habituellement pas du Japon.
III. LES TRÉSORS DE LA BOUTIQUE : BIEN PLUS QUE DU THÉ VERT
L'offre de chanokaze est une invitation à explorer la palette des saveurs nippones. Oubliez l'amertume des sachets industriels. Ici, on parle d'Umami.
1. Les Thés en Feuilles (Sencha, Gyokuro, Hojicha)
Sencha : Le roi des thés japonais. chanokaze propose des Sencha "Fukamushi" (étuvage long) qui offrent une liqueur verte trouble, épaisse et incroyablement douce.
Gyokuro (Perle de Rosée) : Le thé d'ombre par excellence. Privé de lumière avant la récolte, il développe une saveur Umami puissante, presque comparable à un bouillon. Un thé de dégustation rare.
Hojicha & Genmaicha : Pour ceux qui préfèrent les notes grillées ou le goût de riz soufflé, parfaits pour le soir car faibles en théine.
2. Le Vrai Matcha (Poudre de Jade)
Le Matcha est à la mode, mais la qualité est souvent médiocre (jaunâtre et amer). Elodie sélectionne des Matcha de cérémonie.
Une couleur vert.
Une texture soyeuse (mousse onctueuse).
Un goût végétal et sucré, sans agressivité. C'est le Matcha tel qu'il est bu dans les temples de Kyoto.
3. La Céramique et les Objets
On ne boit pas un grand cru dans un gobelet en plastique. chanokaze propose une sélection d'objets d'art pour accompagner le rituel :
Kyusu : Les théières traditionnelles à poignée latérale, idéales pour laisser les feuilles s'épanouir.
Chawan : Les bols à Matcha, pièces uniques en céramique, rugueuses et imparfaites (Wabi-Sabi), qui tiennent chaud au creux des mains.
Chasen : Les fouets en bambou indispensables pour faire mousser le thé. Certaines pièces sont des antiquités ou des créations d'artisans sourcées par Elodie elle-même.
IV. POURQUOI CHOISIR CHANOKAZE ?
Dans un marché saturé, chanokaze se distingue par une approche humaine et pédagogique.
1. L'Éducation du Palais
Elodie ne se contente pas de vendre. Sur son site et ses réseaux, elle explique. Comment infuser à la bonne température (spoiler : jamais d'eau bouillante sur du thé vert !) ? Combien de secondes ? Comment réutiliser les feuilles pour une 2ème ou 3ème infusion ? Acheter chez chanokaze, c'est prendre un mini-cours de dégustation.
2. L'Art de Vivre (Le "Vent du Thé")
Le nom chanokaze ("Le Vent du Thé") évoque cette brise légère qui traverse les plantations. C'est une invitation à ralentir. Intégrer ces thés dans votre quotidien, c'est créer une parenthèse de calme. C'est s'aligner avec les saisons. C'est retrouver une connexion avec la nature à travers une simple tasse.
3. Une Entreprise Française et Locale
Basée en Bretagne, chanokaze prépare et expédie chaque commande avec le soin du détail japonais (emballage soigné, petit mot, échantillons). C'est le luxe de l'artisanat : la proximité et la passion.
CONCLUSION
Le thé japonais est un monde fascinant, mais intimidant. Il faut un guide pour ne pas s'y perdre. Elodie Morabito est ce guide.
Avec chanokaze, elle a réussi le pari de ramener l'âme de Shizuoka en France. Que vous soyez un néophyte curieux de goûter un "vrai" thé vert sans amertume, ou un connaisseur à la recherche d'un cultivar rare de Koshun, vous trouverez votre bonheur dans sa sélection.
chanokaze n'est pas juste une marque de thé. C'est une fenêtre ouverte sur le Japon authentique, celui des artisans, des fermiers et des maîtres de thé.
Il ne vous reste plus qu'à faire chauffer l'eau (à 70°C, s'il vous plaît).
À PROPOS DE CHANOKAZE
Fondatrice : Elodie Morabito Expertise : Nihoncha Adviser & École Urasenke Spécialité : Thés japonais monocultivars Localisation : Bretagne, France
FAQ : LE THÉ JAPONAIS SELON CHANOKAZE
Quelle est la différence entre le thé chinois et japonais ? La différence principale est l'oxydation. Le thé vert japonais est "étuvé" (cuit à la vapeur) pour arrêter l'oxydation immédiatement après la récolte. Cela lui donne ce goût végétal, marin et cette couleur vert intense, là où les thés chinois sont souvent chauffés au wok (goût plus grillé/noisette).
Comment débuter si je n'aime pas le thé amer ? L'amertume vient souvent d'une eau trop chaude ou d'un thé de mauvaise qualité. Commencez par un Kukicha (thé de tiges, très doux) ou un Genmaicha (au riz soufflé). Infusez à 70°C-75°C maximum. Vous découvrirez une douceur insoupçonnée (l'Umami).
Qu'est-ce qu'un Kyusu ? C'est la théière japonaise traditionnelle. Sa particularité est d'avoir une poignée sur le côté (latérale), ce qui permet de servir le thé avec un mouvement de poignet fluide et précis, sans se brûler. C'est l'outil indispensable pour bien préparer le Sencha.


Commentaires