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Dai Yokai

Masques inspirés du folklore japonais

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Yūrei : les fantômes du folklore japonais

Folklore japonais

Yūrei : les fantômes du folklore japonais

Les yūrei, fantômes japonais : ce qui les distingue des yokai, leur apparence codifiée, les grandes catégories (ubume, onryō, sorei) et le festival d'Obon.

Le yūrei (幽霊) est le fantôme japonais : (幽), l'obscur, l'imperceptible, et rei (霊), l'âme. Le yūrei est lié à une personne décédée. Le mot yōkai couvre un ensemble plus large de figures surnaturelles et peut aussi inclure des transformations humaines; la frontière entre ces termes dépend du contexte. Il reste parmi les vivants parce qu'il a laissé quelque chose d'inachevé : une colère, souvent, mais aussi un amour ou un regret trop forts pour être éteints par la mort. Ce guide explique ce qu'est un yūrei, à quoi il ressemble, ses grandes catégories et la façon dont le Japon vit avec ses morts.

Yūrei : les fantômes du folklore japonais
Yūrei du folklore japonais, entre âme errante, mémoire familiale et esprit vengeur.

Ce qui retient une âme

Dans la pensée shinto, chaque personne possède une âme, le reikon. À la mort, et une fois les rites funéraires accomplis, cette âme rejoint ses ancêtres et devient un esprit protecteur, le sorei. Mais si la mort est brutale (meurtre, suicide, guerre) ou si les rites ne sont pas faits, l'âme reste coincée entre les deux mondes : elle devient un yūrei. Ce n'est donc pas la méchanceté qui crée un fantôme, c'est l'inachevé.

Une apparence codifiée

Si vous regardez une peinture de fantôme du XVIIIe siècle, vous reconnaîtrez toujours les mêmes traits. Le yūrei porte le kyōkatabira, un kimono blanc funéraire fermé droite sur gauche, à l'inverse des vivants. Sur le front, un petit triangle de tissu blanc, le hitaikakushi, sert de coiffe pour le voyage vers l'au-delà. Il n'a pas de pieds : le bas de son kimono s'estompe en brume, signe qu'il n'est plus lié à la terre. Et ses mains pendent souvent, poignets cassés, dans une posture d'impuissance. Cette absence de pieds est une convention fixée par le peintre Maruyama Ōkyo à la fin du XVIIIe siècle, devenue depuis la norme.

La mère aux bonbons

La plus émouvante des histoires de yūrei est celle de la mère aux bonbons (kosodate-yūrei). Chaque nuit, une femme très pâle vient acheter un bonbon chez un marchand, payant d'une petite pièce, puis, n'ayant plus d'argent, de son propre kimono. Intrigué, le marchand la suit jusqu'à un cimetière, où elle disparaît devant une tombe fraîche. On creuse, et l'on trouve la femme morte en couches, son nourrisson vivant dans les bras, tétant le bonbon qu'elle avait acheté pour le maintenir en vie. C'est l'exemple parfait de l'ubume, le fantôme de la femme morte en couches, retenue non par la haine mais par l'inquiétude maternelle.

Les grandes catégories

Tous les yūrei ne se valent pas. Le sorei est l'ancêtre apaisé, devenu protecteur de la famille. L'ubume est la mère tragique, consumée par l'amour pour son enfant. L'onryō est l'esprit vengeur pur, né de la rage, qui frappe sans distinction : ce sont les fantômes qui ont inspiré Sadako (Ring) et le cinéma d'horreur japonais. Et le goryō est l'esprit d'un noble mort injustement, capable de provoquer des catastrophes mais qui, une fois apaisé par les rites, devient une divinité protectrice. La frontière entre fantôme effrayant et esprit bienveillant dépend donc moins de la nature que des rites accomplis.

Masque Kuchisake version Yuki-onna bleu en vue trois quarts
Masque Kuchisake en version Yuki-onna, teinte froide, bouche fendue et finition peinte à la main.

Obon : le festival des retrouvailles

Pour comprendre le rapport des Japonais à leurs morts, il faut connaître Obon, à la mi-août. On croit qu'à cette période les âmes des ancêtres reviennent visiter leur famille. Ce n'est pas effrayant, c'est joyeux : on nettoie les tombes, on allume des lanternes d'accueil (mukaebi) puis de départ (okuribi), parfois posées sur les rivières. On fabrique même deux montures en légumes, un cheval en concombre pour que l'ancêtre vienne vite, une vache en aubergine pour qu'il reparte lentement, chargé des offrandes. Le yūrei n'est pas, ici, un ennemi : c'est la mémoire.

Voir l’échelle avant de choisir

Une fiche produit montre les détails. Une photo portée montre autre chose : l’échelle, les ombres, la place du masque sur le visage ou dans une pièce. La galerie de masques portés aide à voir ce que donne vraiment une pièce Dai Yokai hors photo produit.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un yūrei et un yokai ?

Un yūrei est le fantôme d’une personne décédée. Yōkai est un terme plus large pour des êtres et phénomènes surnaturels; certaines figures ont une origine humaine. Les deux notions peuvent donc se recouper selon le récit ou la classification. Dans sa présentation à l’International House of Japan, le folkloriste Komatsu Kazuhiko inclut les humains transformés parmi les yōkai. Source : conférence de Komatsu Kazuhiko, Nichibunken.

Pourquoi les fantômes japonais n'ont-ils pas de pieds ?

C'est une convention artistique de la fin du XVIIIe siècle, attribuée au peintre Maruyama Ōkyo. L'absence de pieds, le bas du corps s'estompant en brume, montre que l'esprit ne touche plus terre.

Le sel chasse-t-il les yūrei ?

Le sel (mori-shio) est le grand purificateur du shinto. On place de petits tas de sel à l'entrée des maisons pour empêcher les esprits impurs d'entrer, et on se purifie au sel après des funérailles.

Tous les yūrei sont-ils dangereux ?

Non. Seul l'onryō, l'esprit vengeur, est destructeur. La plupart des âmes, une fois les rites accomplis, deviennent des sorei, des ancêtres protecteurs qu'on honore à Obon.