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Journal Dai Yokai

Inari Okami : le dieu du riz, des renards et de 30 000 sanctuaires

Inari Ōkami (稲荷大神) est le kami du riz, du commerce, de la fertilité et de la prospérité, l'une des divinités les plus vénérées du shintoïsme. Ses messagers sont les renards Kitsune, au point qu'on confond souvent les deux. Plus de 30 000 sanctuaires lui sont dédiés au Japon, soit un tiers de tous les sanctuaires du pays. Voici qui est vraiment Inari, pourquoi le renard est son messager, et comment ne pas les confondre.

En résumé

  • Inari Ōkami est le kami du riz, du commerce et de la prospérité
  • Le Kitsune (renard) n'est PAS Inari : c'est son messager (kenzoku)
  • Inari n'est ni fixement homme ni femme : masculin, féminin ou androgyne selon les sanctuaires
  • Les 10 000 torii rouges du Fushimi Inari-taisha sont l'image la plus iconique du Japon
Inari Okami, kami du riz et des renards, illustration Dai Yokai
Inari Okami, le kami du riz, de la prospérité et des renards messagers.

Qui est Inari ?

Inari (稲荷) signifie littéralement « celui qui porte le riz ». Son titre complet, Inari Ōkami, veut dire « le Grand Dieu Inari », et on le connaît aussi comme Ta-no-Kami, le dieu des rizières. Mais réduire Inari au riz, ce serait passer à côté de l'essentiel. Au fil des siècles, son domaine s'est élargi au commerce, à l'industrie, à la fertilité, à la réussite. Aujourd'hui, les PDG japonais prient à un sanctuaire Inari avant un lancement de produit, les étudiants avant un examen, les couples avant un mariage. Inari est le kami à tout faire de la vie quotidienne.

Inari est-il un homme ou une femme ?

C'est sa particularité la plus déroutante. Selon les époques et les sanctuaires, le kami apparaît sous trois formes : masculine (un vieillard barbu portant un sac de riz), féminine (la Dakiniten bouddhiste chevauchant un renard blanc), ou collective (au Fushimi Inari-taisha, Inari n'est pas un kami mais un groupe de cinq, les Inari Sanza). Cette fluidité n'est pas un bug, c'est la nature même d'Inari : une force qui s'adapte à celui qui prie. Le commerçant voit un dieu de la richesse, le paysan un dieu du riz, le parent un protecteur. Inari est le reflet de ce dont vous avez besoin.

Le Kitsune n'est PAS Inari (la confusion la plus courante)

C'est l'erreur que je corrige le plus souvent. Le Kitsune (renard) est le messager d'Inari, pas Inari lui-même. Le terme technique est kenzoku (眷属), serviteur spirituel : le renard transmet les prières des humains au kami, il ne les exauce pas. La confusion est ancienne, même au Japon, parce que les statues de renards gardent l'entrée de tous les sanctuaires Inari. On voit le renard, on croit voir le dieu. C'est comme confondre le facteur avec l'expéditeur.

Les renards d'Inari sont toujours blancs (byakko, 白狐). Ils portent souvent un foulard rouge et tiennent dans leur gueule l'un de ces quatre objets symboliques :

Objet Sens
Clé de grenier (kagi) Accès à la richesse et aux réserves de riz
Boule de joyau (tama, 玉) Esprit d'Inari, pouvoir surnaturel
Rouleau de sūtra Sagesse, connaissance sacrée
Gerbe de riz Fertilité, abondance, prospérité

L'objet dans la gueule du renard indique quel aspect d'Inari le sanctuaire vénère. C'est pour ça que les masques Kitsune blancs Dai Yokai portent la couleur du sacré : le blanc n'est pas un choix esthétique, c'est la couleur des renards célestes, messagers directs du kami.

Masque Kitsune blanc Zenko fait main, renard messager du kami Inari, Dai Yokai
Le Kitsune blanc Zenko, la couleur du messager bienveillant d'Inari.

Pourquoi le renard ?

L'association n'est pas mystique à l'origine, elle est pratique. Les anciens Japonais ont observé que les renards descendaient des montagnes au printemps (la plantation du riz) et remontaient à l'automne (après la récolte), et qu'ils chassaient les rongeurs dévoreurs de grains stockés. Le renard était le gardien invisible du riz. En 711, le premier sanctuaire Inari est érigé sur le mont Inari à Kyoto, et le renard devient officiellement le messager du kami. L'observation paysanne devient religion.

30 000 sanctuaires et 10 000 torii

Un tiers de tous les sanctuaires shinto du Japon sont dédiés à Inari, le réseau le plus dense du pays. Le plus connu, le Fushimi Inari-taisha à Kyoto, fondé en 711, déploie un corridor de 4 kilomètres de torii rouges sur les flancs du mont Inari, plus de 10 000 portails donnés par des particuliers et des entreprises en remerciement au kami, chacun portant le nom du donateur. Le vermillon (akahani) n'est pas décoratif : il symbolise la vitalité, la protection contre le mal et le pouvoir du sacré, la même couleur que les masques Oni et Hannya rouges. Au Japon, le rouge repousse autant qu'il attire.

Le festival du renard : Oji Kitsune no Gyoretsu

Chaque 31 décembre à Tokyo, des centaines de personnes portent des masques de renard blanc et traversent le quartier d'Ōji en procession pour honorer Inari. La tradition remonte à l'époque Edo : on croyait que les renards du Kantō se rassemblaient sous un grand zelkova à Ōji le soir du Nouvel An pour décider de la prochaine récolte, et les habitants les guettaient. Aujourd'hui c'est un festival communautaire, mais les masques de renard blanc sont les mêmes qu'il y a 300 ans.

Zenko ou Nogitsune : le double statut du renard

Le renard est un yokai à double statut. Quand il sert Inari, c'est un Zenko (善狐, « bon renard »). Quand il agit seul et joue des tours, c'est un Nogitsune (野狐, « renard sauvage »). Même créature, deux comportements selon qu'elle est dans ou hors de la chaîne divine, qui va d'Amaterasu (soleil, ordre) à Inari (riz, commerce) puis au Kitsune (messager).

Duo de masques Kitsune blanc Zenko et noir Nogitsune faits main, bon renard et renard sauvage, Dai Yokai
Zenko et Nogitsune, deux lectures du Kitsune dans le folklore.

Le renard associé à Inari dans une création contemporaine

Dans les sanctuaires d’Inari, le renard est présenté comme un messager. Les masques Kitsune Dai Yokai reprennent cette silhouette dans des créations artisanales contemporaines destinées à la décoration ou au costume, sans fonction rituelle.

Questions fréquentes

Le Kitsune est-il Inari ?

Non. Le Kitsune (renard) est le messager (kenzoku) d'Inari, pas Inari lui-même. La confusion vient du fait que les statues de renards gardent l'entrée des sanctuaires Inari. C'est comme confondre le facteur avec l'expéditeur.

Inari est-il un homme ou une femme ?

Les deux, et ni l'un ni l'autre. Selon les sanctuaires et les époques, Inari apparaît sous forme masculine (vieillard barbu), féminine (Dakiniten sur un renard blanc) ou comme un collectif de cinq kami. C'est une force qui s'adapte au prieur.

Pourquoi les torii d'Inari sont-ils rouges ?

Le vermillon (akahani) symbolise la vitalité, la protection contre le mal et le pouvoir sacré dans le shintoïsme. Les torii du Fushimi sont donnés par des particuliers et des entreprises en remerciement au kami, chacun portant le nom du donateur.

Combien de sanctuaires Inari y a-t-il au Japon ?

Plus de 30 000, soit un tiers de tous les sanctuaires shinto du pays. Le plus célèbre est le Fushimi Inari-taisha à Kyoto, fondé en 711, avec ses 10 000 torii rouges.

Que tient le renard dans sa gueule devant un sanctuaire ?

L'un de ces quatre objets : une clé de grenier (richesse), une boule de joyau (pouvoir spirituel), un rouleau de sūtra (sagesse) ou une gerbe de riz (fertilité). L'objet indique quel aspect d'Inari le sanctuaire vénère.

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