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Mempo et Mengu : les masques d'armure samouraï

Par Jérémy, créateur @dai.yokai · Publié en février 2026 · Mis à jour en juillet 2026 · 9 min de lecture

Le résumé de l'article

Masque d’armure samouraï sō-menpō en fer, cuir et soie, XVIIe-XVIIIe siècle
Masque d’armure samouraï sō-menpō en fer, cuir et soie, XVIIe-XVIIIe siècle
Demi-masque Mempo Oni Dai Yokai en PETG, peint à la main en Bretagne
Demi-masque Mempo Oni Dai Yokai en PETG, peint à la main en Bretagne
  • Mengu (面具) est le terme générique pour toute armure faciale de samouraï ; menpō (面頬) en est un type précis.
  • La typologie standard compte quatre types : sōmen, menpō, hanbō (ou hanpō) et happuri.
  • Le masque protégeait le visage, servait à fixer le casque et portait une protection de gorge distincte.
  • Les expressions féroces s'inspirent des masques de nō et des gardiens de temple, mais l'effet psychologique reste une interprétation, pas une doctrine écrite.

Mengu ou mempo : la confusion à régler

Tout le monde dit « mempo » pour parler des masques de samouraï. C'est un raccourci.

Mengu (面具) est le terme générique : 面 (men) = visage, 具 (gu) = équipement. On rencontre aussi men-yoroi (面鎧). Menpō (面頬) est un type précis : 頬 () désigne les joues. Le menpō couvre du dessous des yeux ou du nez jusqu'au menton, en laissant les yeux libres.

Les quatre types d'armure faciale

Attention à une erreur très répandue : hanbō et hanpō ne sont pas deux protections différentes. Ce sont deux lectures du même mot, 半頬. La typologie couramment retenue compte donc quatre types, pas cinq.

Type Kanji Zone couverte Remarque
Happuri 半首 Front et joues La forme la plus ancienne, attestée vers les 10e-11e siècles
Hanbō (ou hanpō) 半頬 Bas du visage, du dessous du nez au menton Version allégée, défense minimale, respiration libre
Menpō 面頬 Du dessous des yeux ou du nez au menton Le standard : protection, fixation du casque, vision dégagée
Sōmen 総面 Visage entier Protection maximale mais vision et ventilation réduites ; peu d'exemplaires conservés

Le menpō s'impose parce qu'il est le meilleur compromis : il protège la mâchoire et le cou (zones souvent visées), laisse les yeux libres et permet de respirer. Une sous-catégorie fréquente, le menoshita-men, désigne les masques couvrant le visage sous les yeux.

Trois fonctions, pas seulement la protection

Un menpō remplit trois rôles concrets, souvent réduits au seul premier :

1. Protéger le bas du visage. 2. Fixer le casque : les cordons du kabuto s'attachent au masque, qui stabilise l'ensemble sur la tête. 3. Porter la protection de gorge : le tare ou yodare-kake (涎懸), fait de rangées de lamelles, de plaques, de brigandine kikkō ou de maille cousue, pend sous le masque pour couvrir le cou.

C'est ce troisième point qui explique la confusion fréquente : le yodare-kake n'est pas la moustache, c'est la protection de gorge.

Les katchū-shi : les armuriers du visage

Les katchū-shi (甲冑師) étaient des armuriers spécialisés. Fabriquer un mengu relevait autant de l'ingénierie que de la sculpture.

Les matériaux : fer forgé pour les zones d'impact, cuir durci et laqué (nerigawa) ailleurs, parfois les deux combinés, avec une finition laquée ou volontairement rouillée. L'intérieur était doublé pour amortir les chocs et absorber la transpiration.

Les détails caractéristiques :

  • La moustache : kuchi-hige (口髭), en crin de cheval sur les pièces anciennes.
  • Les dents laquées, parfois dorées ou argentées.
  • Le nez amovible (hana), fixé par goupilles ou charnières, qui pouvait être retiré.
  • Le trou d'évacuation de la sueur : ase-nagashi no ana (汗流しの穴), percé sous le menton pour évacuer sueur et condensation.

Le visage de guerre : ce qu'on peut dire et ce qu'on ne peut pas

Les expressions des mengu sont rarement neutres : rage, mépris, rictus, sourcils froncés. L'inspiration formelle est claire et documentée par les collections : elle emprunte aux masques de nō (Hannya, Oni) et aux gardiens de temple bouddhiques (Niō).

En revanche, il faut rester prudent sur la « guerre psychologique ». Que ces visages aient produit un effet d'intimidation est une lecture raisonnable et largement partagée, mais ce n'est pas une doctrine militaire écrite dans une source d'époque. Le masque avait aussi des fonctions très concrètes : protéger, tenir le casque, porter la gorge, marquer le rang et le style d'une école d'armurerie. La dimension de statut et d'esthétique compte autant que l'intimidation. Pour le contexte général de la classe guerrière, voir le guide Samouraï et l'article sur le masque Oni.

Le format demi-masque aujourd'hui

Le mempo est le format qui fonctionne le mieux en usage contemporain, pour des raisons pratiques.

En décoration murale, le demi-masque s'intègre plus facilement qu'un masque complet : il prend moins de place et la silhouette « mâchoire seule » reste lisible de loin.

En cosplay, il laisse les yeux et le front dégagés, permet de respirer et de parler. Les pièces Dai Yokai en PETG pèsent nettement moins qu'un masque complet, ce qui change tout sur une journée de convention. Pour l'entretien et le port, voir la FAQ masque cosplay PETG.

En studio de tatouage, c'est devenu un classique de mur, sans encombrer l'espace de travail.

Les créations Dai Yokai sont des pièces contemporaines faites en Bretagne, imprimées en PETG puis poncées, peintes et finies à la main. Ce ne sont ni des reproductions d'armures historiques, ni des pièces de reconstitution. Voir la collection demi-masques Mempo, ainsi que les familles Oni et Tengu.

Le mempo dans la culture contemporaine

Le format a survécu à la fin de la classe guerrière. On le retrouve dans le jeu vidéo, le streetwear japonais et le tatouage. En irezumi, le guerrier masqué est un motif courant, souvent associé à la discipline et à la maîtrise de soi. Ces lectures sont modernes : elles disent ce que le motif évoque aujourd'hui, pas ce qu'un armurier du 16e siècle aurait formulé.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre mengu et mempo ?

Mengu (面具) est le terme générique pour toute armure faciale de samouraï. Menpō (面頬) est un type précis, le demi-masque couvrant du dessous des yeux ou du nez au menton. Tout menpō est un mengu, l'inverse n'est pas vrai.

Combien de types d'armure faciale existe-t-il ?

Quatre principaux : happuri (front et joues), hanbō (bas du visage), menpō (des yeux au menton) et sōmen (visage entier). Attention, hanbō et hanpō sont deux lectures du même terme 半頬, pas deux protections différentes.

En quoi étaient fabriqués les mengu ?

En fer forgé pour les zones d'impact et en cuir durci laqué (nerigawa) ailleurs, souvent combinés, avec une finition laquée. L'intérieur était doublé. Les détails incluent une moustache en crin de cheval (kuchi-hige), des dents laquées et un nez amovible.

À quoi sert le trou sous le menton ?

C'est l'ase-nagashi no ana (汗流しの穴), un orifice d'évacuation qui permettait à la sueur et à la condensation de s'écouler pendant le port prolongé.

Qu'est-ce que le yodare-kake ?

C'est la protection de gorge (垂 tare ou 涎懸 yodare-kake) suspendue sous le masque, composée de rangées de lamelles, de plaques ou de maille. Elle est souvent confondue à tort avec la moustache.

Pourquoi ces masques ont-ils des visages de démon ?

Les formes s'inspirent des masques de nō (Hannya, Oni) et des gardiens de temple bouddhiques. L'effet d'intimidation est une lecture cohérente, mais le masque servait aussi à protéger, à fixer le casque et à marquer un statut ou un style d'atelier.

Peut-on porter un demi-masque Dai Yokai en cosplay ?

Oui. Ce sont des pièces contemporaines en PETG, bien plus légères qu'un masque complet, qui laissent les yeux et le front libres. La fiche produit reste la référence pour le poids, le maintien et les dimensions.

Sources

Lettre d’atelier

Nouveaux masques, sorties et dates de conventions

Quelques emails par an, seulement quand il y a quelque chose d’utile à partager.

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