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Dai Yokai

Masques inspirés du folklore japonais

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Folklore japonais

Kuchisake-onna : la femme à la bouche fendue

Kuchisake-onna : motif ancien, rumeur apparue en 1978, diffusion nationale en 1979, question « Suis-je belle ? » et création à mâchoire mobile.

Par Jérémy 6 min de lecture
Publié le Mis à jour le


Kuchisake-onna est surtout une légende urbaine dont la rumeur connaît une diffusion nationale au Japon en 1979. Le motif d’une bouche fendue apparaît dans des récits plus anciens, mais le masque hygiénique, la question piège et les méthodes de fuite appartiennent à des versions modernes variables.

Niveau Ce qui est documenté Limite
Motif ancien Un livre illustré de 1801 montre une femme dont la bouche s’étend jusqu’aux oreilles Aucune filiation directe avec la rumeur moderne n’est démontrée
Rumeur de 1978-1979 Diffusion depuis Gifu parmi les enfants, reprise par la presse, patrouilles d’adultes Les détails changent pendant la circulation
Adaptations Films, mangas, jeux et récits en ligne reprennent la silhouette Ces ajouts ne décrivent pas forcément la rumeur de 1979

Que signifie Kuchisake-onna ?

Kuchisake-onna (口裂け女) se traduit par « femme à la bouche fendue » : kuchi pour la bouche, sake pour la fente ou la déchirure, onna pour la femme. Le nom décrit la caractéristique centrale du récit. Il ne désigne pas une personne historique identifiée.

Kuchisake-onna : la femme à la bouche fendue

Ce que montre la source de 1801

Un épisode intitulé Yoshiwara no kaijo dans Ehon Sayo Shigure, volume illustré par Hayami Shungyōsai et publié en 1801, montre déjà une femme dont la bouche s’étend jusqu’aux oreilles. Le feuillet numérisé par le National Institute of Japanese Literature permet de vérifier la scène.

La ressemblance est réelle, mais aucune filiation avec la rumeur de 1978-1979 n’est démontrée. Ce n’est donc ni « la Kuchisake-onna de 1801 » ni une origine certaine. Le scan n’est pas reproduit ici, car sa notice indique que les droits de réutilisation doivent être vérifiés.

La version moderne : « Suis-je belle ? »

Dans la version la plus connue, une femme masquée aborde un enfant ou un passant et demande si elle est belle. Après une première réponse, elle retire le masque et révèle une bouche fendue. La seconde question rend toute réponse dangereuse.

Ciseaux, couteau, vitesse surnaturelle, bonbons bekkō-ame, mot « pomade » ou réponse évasive apparaissent selon les lieux et les transmetteurs. Il n’existe pas un manuel de survie officiel. Ces variations font partie du fonctionnement de la rumeur.

La vague nationale de 1979

Le folkloriste Iikura Yoshiyuki situe le début de la diffusion à la fin de 1978 dans la préfecture de Gifu, Yaotsu étant une localisation rapportée mais non certaine. Le Gifu Nichinichi Shimbun évoque la rumeur le 26 janvier 1979. Au printemps et au début de l’été, elle circule dans une grande partie du pays.

Des parents et des enseignants organisent alors des patrouilles et des retours en groupe. La vague retombe autour des vacances d’été 1979, mais l’image reste. L’article de Nippon.com avec Iikura Yoshiyuki documente cette chronologie et le rôle des enfants, du téléphone et des médias.

Pourquoi cette rumeur a fonctionné

Dans l’analyse d’Iikura, la scène part d’éléments ordinaires : une rue, un adulte inconnu, un masque de protection et une question sociale sur la beauté. Elle devient crédible pour des enfants qui se déplacent le soir vers les cours privés. La rumeur transforme ainsi une inquiétude urbaine en personnage reconnaissable.

Cette lecture explique mieux sa diffusion qu’une origine unique liée à un crime ou à une opération médicale. Ces explications sensationnelles existent dans les reprises modernes, mais elles ne sont pas établies par les sources sur 1978-1979.

Yōkai, onryō ou légende urbaine ?

Michael Dylan Foster l’étudie comme un « yōkai urbain moderne ». Le terme le plus précis pour son histoire reste « légende urbaine », mais elle peut aussi entrer dans une étude contemporaine des yōkai. Rien n’oblige à la définir comme un onryō, puisque toutes les versions ne racontent ni mort ni vengeance.

Le guide aide à distinguer yōkai, yūrei et légende urbaine. Pour comparer d’autres transmissions modernes, vois Teke-Teke. Les esprits vengeurs du folklore japonais répondent à une autre logique narrative.

Masque Kuchisake-onna violet porté, création contemporaine à mâchoire mobile
Une interprétation contemporaine portée, différente des récits et archives de 1979.

Ce que la culture populaire ajoute

Films, mangas et jeux conservent la bouche fendue et la question, puis modifient l’origine, les pouvoirs ou l’apparence. Une adaptation peut aussi mélanger Kuchisake-onna avec des codes de fantôme ou d’autres figures féminines. Pour cette raison, l’article sur beauté féminine et monstruosité sépare profession, folklore et création horrifique.

La mâchoire mobile dans une création Dai Yokai

Sur un masque articulé à mâchoire mobile, la mâchoire permet de rendre visible le passage entre le visage fermé et la bouche fendue. C’est une lecture de design actuelle, pas une preuve culturelle.

Masque Kuchisake-onna blanc et noir tenu par une modèle, mâchoire ouverte
La bouche ouverte donne au masque sa lecture horrifique, sans en faire un objet traditionnel japonais.

Le masque Kuchisake-onna articulé est actuellement fabriqué à la commande. Sa base est imprimée en 3D PETG dans l’atelier, puis les versions terminées sont poncées, peintes et finies à la main en Bretagne. Pour un usage en octobre, le guide permet aussi de choisir un masque japonais pour Halloween.

Sources

Questions fréquentes

Kuchisake-onna est-elle une ancienne légende ?

Un motif de bouche monstrueusement fendue est visible dans un livre de 1801, mais la femme masquée et la vague nationale de rumeurs sont documentées à la fin des années 1970. Aucune filiation directe n’est prouvée.

Est-elle un yōkai ou une légende urbaine ?

Elle peut être rangée parmi les yōkai modernes au sens large, mais « légende urbaine » décrit plus précisément la diffusion de sa version connue.

Comment échapper à Kuchisake-onna ?

Les réponses neutres, bonbons et mots à prononcer varient selon les récits. Ces méthodes font partie de la transmission, aucune n’est une règle unique.

L’histoire vient-elle d’un fait divers réel ?

Aucune origine criminelle ou médicale unique n’est établie. La diffusion documentée part d’une rumeur locale à Gifu, reprise par les enfants et les médias en 1979.