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Journal Dai Yokai

Ibaraki-doji : le démon au bras coupé de la porte Rashomon

Ibaraki-doji est l'un des grands oni des légendes de Kyoto. On le connaît surtout pour un épisode : son duel contre le samouraï Watanabe no Tsuna, où il perd un bras sans pour autant disparaître du récit. C'est ce qui le distingue des autres démons du folklore. Là où la plupart sont des monstres à vaincre, Ibaraki est un survivant, rusé, parfois décrit comme masculin, parfois comme féminin selon les versions.

Ibaraki-doji : le démon au bras coupé de la porte Rashomon
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Le bras tranché à la porte Rashomon

L'épisode qui a fixé sa légende se déroule à Kyoto. Ibaraki rôde près de la porte Rashomon (dans d'autres versions, le pont Ichijō Modoribashi) et attaque de nuit, par surprise. Cette nuit-là, il saisit le casque de Watanabe no Tsuna, l'un des quatre fidèles lieutenants du chef de guerre Minamoto no Raikō, et croit tenir une proie facile. C'est une erreur : Tsuna dégaine son sabre, le fameux Higekiri, et tranche net le bras du démon. Après cet exploit, la lame sera surnommée Onikiri, « le tueur d'oni ». Ibaraki s'enfuit en hurlant, abandonnant son bras derrière lui.

La ruse plutôt que la force

La suite est ce qui rend Ibaraki unique parmi les oni. Plutôt que de revenir en force récupérer son bras, conservé chez Watanabe no Tsuna, il choisit la ruse. Il prend l'apparence de la vieille tante (ou nourrice) du samouraï, imite sa voix et ses manières, et se fait inviter chez lui. Une fois le coffre ouvert et le bras récupéré, il reprend sa forme de démon et disparaît. Cette capacité de métamorphose convaincante, plus proche du renard Kitsune que de l'oni brutal classique, fait d'Ibaraki un démon de l'infiltration : le mal qui prend le visage familier d'un proche.

Le lieutenant de Shuten-doji

Ibaraki est presque toujours associé à Shuten-doji, le roi des oni du mont Ōe. Dans les textes classiques, il en est le bras droit. Quand Minamoto no Raikō et ses hommes infiltrent le repaire du mont Ōe déguisés en moines et enivrent les démons pour décapiter Shuten-doji, Ibaraki survit et fuit. Cette loyauté envers son chef, et sa survie obstinée, expliquent pourquoi il reste un personnage si marquant.

Homme ou femme ?

La question revient souvent, surtout avec sa popularité actuelle. Dans les contes médiévaux (otogi-zōshi), Ibaraki est un homme : le terme dōji désigne un jeune garçon ou un page. Au théâtre Kabuki, la pièce Ibaraki est jouée par un acteur masculin interprétant la vieille tante, ce qui crée une ambiguïté de genre marquante. Les œuvres modernes accentuent encore cette fluidité, en faisant parfois un personnage féminin. Cette souplesse fait partie de son identité et explique son succès dans la culture pop et le cosplay.

Questions fréquentes

Qui est Ibaraki-doji ?

Un des grands oni des légendes de Kyoto, célèbre pour avoir perdu un bras face au samouraï Watanabe no Tsuna à la porte Rashomon. Il est aussi le lieutenant de Shuten-doji, le roi des oni du mont Ōe, et un maître de la métamorphose.

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Comment Ibaraki a-t-il perdu son bras ?

Lors d'une attaque nocturne près de la porte Rashomon, il saisit Watanabe no Tsuna, qui lui tranche le bras d'un coup de son sabre Higekiri. La lame sera ensuite surnommée Onikiri, « le tueur d'oni ».

Ibaraki-doji est-il un Hannya ?

Non, même si la confusion existe. Un Hannya est une femme humaine transformée par la jalousie. Ibaraki est un oni qui peut prendre forme de femme. Le Hannya subit ses émotions, Ibaraki utilise les émotions des autres comme une arme.

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Pourquoi l'appelle-t-on « dōji » ?

Dōji signifie « enfant » ou « jeune garçon », souvent un page de temple. Le terme renvoie à son apparence juvénile et à son entrée jeune dans le monde des démons, comme pour son maître Shuten-doji.

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