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Journal Dai Yokai

Setsubun : signification du mamemaki et rôle des Oni


Réponse courte : Setsubun est une fête saisonnière japonaise célébrée la veille de Risshun, généralement au début de février. Son rituel le plus connu, le mamemaki, consiste à lancer des graines de soja grillées en disant « Oni wa soto, fuku wa uchi », soit « Les Oni dehors, le bonheur dedans ».

Setsubun est souvent résumé à une scène familiale : une personne porte un masque d'Oni pendant que les autres lui lancent des haricots. Cette image existe bien, mais elle ne raconte qu'une partie de la fête. Setsubun est d'abord lié au passage des saisons, à l'éloignement symbolique du malheur et à l'accueil d'une nouvelle période.

Illustration de Setsubun avec lancer de haricots face à un Oni
Illustration de Setsubun : les haricots sont lancés pour faire sortir l'Oni et inviter la bonne fortune.

Que signifie Setsubun ?

Le mot japonais Setsubun (節分) signifie littéralement « séparation des saisons ». Il désignait autrefois la veille de chacun des quatre débuts de saison. Dans l'usage actuel, il correspond surtout au jour précédant Risshun, le début du printemps dans le système traditionnel des vingt-quatre termes solaires.

L'Observatoire astronomique national du Japon rappelle que Setsubun est la veille de Risshun. Sa date n'est donc pas fixée une fois pour toutes au 3 février. Elle tombe habituellement le 2 ou le 3 février, et peut exceptionnellement varier davantage selon le calendrier astronomique.

Ce passage de l'hiver au printemps était associé à un changement d'année dans l'ancien calendrier luni-solaire. La fête a ainsi conservé une idée de seuil : on éloigne ce qui pourrait nuire à la maison avant d'accueillir la saison suivante.

D'où vient le rituel de Setsubun ?

Les racines historiques de Setsubun sont généralement rapprochées du tsuina, un rite d'expulsion des influences néfastes venu de Chine. La Bibliothèque nationale de la Diète du Japon indique que ce rite est devenu une cérémonie de la cour impériale durant l'époque de Heian, avant de se diffuser plus largement dans la population à l'époque d'Edo.

Il faut éviter de présenter le mamemaki actuel comme une copie intacte d'une cérémonie vieille de mille ans. Les pratiques de cour, les rites religieux et les coutumes familiales ont évolué. Le lancer de haricots tel qu'on le connaît aujourd'hui s'est construit progressivement, avec des variantes locales toujours visibles.

Mamemaki : pourquoi lancer des haricots ?

Mamemaki (豆撒き) signifie simplement « lancer ou disperser des haricots ». On utilise le plus souvent des graines de soja grillées appelées fukumame, les « haricots de la bonne fortune ». Elles sont lancées vers l'extérieur, dans la maison, dans un temple ou parfois vers une personne jouant le rôle de l'Oni.

Les explications traditionnelles sont multiples. Les céréales ont longtemps été associées à la vitalité et à la prospérité. Un jeu de mots est aussi fréquemment cité : mame, le haricot, est rapproché de l'expression « détruire le mal ». Il s'agit d'une interprétation symbolique transmise par la tradition, pas d'une étymologie linguistique à présenter comme une preuve unique.

Les graines sont grillées avant le rituel. Certaines régions utilisent plutôt des cacahuètes en coque, plus faciles à retrouver et à ramasser. Le choix du projectile et la manière de le lancer ne sont donc pas identiques partout au Japon.

« Oni wa soto, fuku wa uchi » : que signifie la formule ?

La formule la plus connue est « Oni wa soto ! Fuku wa uchi ! » (鬼は外、福は内), que l'on peut traduire par « Les Oni dehors ! Le bonheur dedans ! ». Elle associe deux gestes : repousser ce qui représente le malheur, puis inviter la bonne fortune à entrer.

La formule n'est pas universelle. Nippon.com relève que certains temples ne prononcent que « Fuku wa uchi », tandis que d'autres accueillent les Oni lorsqu'ils sont considérés comme des divinités ou leurs envoyés. Cette diversité compte : l'Oni n'a pas une fonction identique dans toutes les traditions japonaises.

Élément Geste courant Idée symbolique
Fukumame Lancer des graines de soja grillées Éloigner les influences néfastes
« Oni wa soto » Lancer vers l'extérieur ou vers l'Oni joué Faire sortir le malheur
« Fuku wa uchi » Lancer vers l'intérieur Accueillir la bonne fortune
Manger les haricots Un nombre lié à l'âge, parfois un de plus Former un vœu de santé pour l'année

Comment se déroule Setsubun à la maison ?

Dans une version familiale courante, les participants préparent les fukumame, ouvrent la porte ou une fenêtre, puis lancent quelques graines en prononçant la formule. Une personne peut porter un masque en carton et jouer l'Oni, mais ce rôle n'est pas obligatoire. La Nippon Foundation présente cette mise en scène comme une pratique possible parmi d'autres.

Après le lancer, certaines personnes mangent autant de haricots que leur âge, ou leur âge plus un. Dans les temples et sanctuaires, le mamemaki peut prendre la forme d'une cérémonie publique où des sachets de graines et d'autres petits objets porte-bonheur sont lancés vers la foule.

Quel est le rôle du masque Oni ?

L'Oni donne une forme visible à ce que le rituel cherche à éloigner : maladie, accident, malchance ou désordre. Dans certaines familles, un adulte porte un masque léger et joue l'intrus. Ailleurs, les haricots sont simplement lancés vers la porte ou dans les différentes pièces, sans personnage costumé.

Il n'existe pas un masque rituel unique de Setsubun. Les petits masques en papier distribués avec les sachets de haricots sont devenus familiers, mais les temples peuvent employer d'autres costumes et d'autres figures. Les couleurs rouge, bleu ou noir ne portent pas partout une signification fixe. Il faut donc éviter de transformer une interprétation particulière en règle nationale.

Masque Oni rouge contemporain peint à la main par Dai Yokai
Le masque Oni rouge Dai Yokai est une création contemporaine pour la décoration, la collection ou la photo. Ce n'est pas un masque rituel japonais et il n'est pas conçu pour recevoir des impacts de haricots.

Ehomaki et hiiragi iwashi : les autres coutumes

L'ehomaki, le rouleau de la direction favorable

L'ehomaki est un rouleau de sushi épais que l'on mange en silence, sans le couper, en faisant face à la direction considérée comme favorable pour l'année. Le ministère japonais de l'Agriculture précise que cette coutume vient d'Osaka, que son origine exacte reste incertaine et qu'elle s'est répandue dans tout le pays avec sa commercialisation à partir des années 1990.

Les sept ingrédients associés aux sept divinités du bonheur sont devenus une formule courante, mais ils ne constituent pas une règle originelle. Pour les jeunes enfants, la sécurité prime sur le symbole : le rouleau peut être coupé en morceaux adaptés, même si la coutume populaire le préfère entier.

Le hiiragi iwashi, houx et sardine

Le hiiragi iwashi associe une tête de sardine grillée à une branche de houx placée près de l'entrée. Les épines et l'odeur sont censées tenir les Oni à distance. Cette coutume existe encore dans certaines régions, mais elle n'est pas pratiquée dans tous les foyers japonais.

Ce que Dai Yokai reprend de cette image

Setsubun montre l'Oni dans un rôle précis : il représente ce que l'on veut faire sortir de la maison. Les masques Oni Dai Yokai ne reproduisent pas les accessoires d'un temple ou d'une famille japonaise. Ce sont des créations artisanales contemporaines inspirées de cette présence visuelle.

Chaque pièce est fabriquée à la commande en Bretagne. La base en PETG est préparée, poncée, peinte puis vernie à la main. Elles sont surtout pensées pour la décoration murale, la collection, la photo ou un studio tattoo. Pour comprendre les autres rôles de cette figure dans le folklore, consulte aussi le guide consacré au masque Oni.

Sources utilisées

Questions fréquentes

Qu'est-ce que Setsubun au Japon ?

Setsubun est le jour qui précède Risshun, le début traditionnel du printemps japonais. La fête sert symboliquement à éloigner les influences néfastes et à accueillir la bonne fortune. Son rituel le plus connu est le mamemaki, le lancer de graines de soja grillées accompagné d'une formule adressée aux Oni.

Quelle est la date de Setsubun ?

Setsubun n'a pas une date civile absolument fixe. Il tombe la veille de Risshun, dont la date dépend du calendrier astronomique japonais. Il est donc célébré généralement le 2 ou le 3 février. Pour une année précise, il faut consulter le calendrier publié par l'Observatoire astronomique national du Japon.

Que signifie mamemaki ?

Mamemaki signifie « lancer de haricots ». Pendant Setsubun, des graines de soja grillées sont lancées vers l'extérieur, dans la maison ou vers une personne jouant l'Oni. Le geste sert à chasser symboliquement le malheur et à faire entrer la bonne fortune. Les méthodes varient selon les familles et les régions.

Pourquoi utilise-t-on des graines de soja grillées ?

Les céréales sont traditionnellement associées à la vitalité et à la prospérité. Les graines utilisées pour Setsubun sont grillées et appelées fukumame, « haricots de la bonne fortune ». Un jeu de mots relie aussi mame à l'idée de détruire le mal. Cette explication est symbolique et ne résume pas seule l'histoire du rite.

Que veut dire « Oni wa soto, fuku wa uchi » ?

La formule signifie « Les Oni dehors, le bonheur dedans ». Elle accompagne le lancer de haricots et résume le but du rituel. Ce n'est toutefois pas une phrase obligatoire partout : certains temples ne prononcent que la seconde partie, tandis que d'autres accueillent les Oni lorsqu'ils ont une fonction protectrice ou divine.

Faut-il porter un masque Oni pour Setsubun ?

Non. Un membre de la famille peut porter un masque léger pour rendre le rituel plus visible et ludique, mais le mamemaki peut aussi se faire sans personne costumée. Les masques artisanaux Dai Yokai sont des créations contemporaines destinées surtout à la décoration, à la collection ou à la photo, pas des accessoires rituels authentiques.

Les jeunes enfants peuvent-ils manger les haricots de Setsubun ?

L'Agence japonaise de la consommation déconseille les haricots durs et les fruits à coque aux enfants de cinq ans ou moins, car ils présentent un risque d'étouffement et de fausse route. Pour le lancer, elle recommande notamment des sachets fermés et un nettoyage complet afin qu'aucune graine ne reste à leur portée.

Voir la pièce liée à cet article.

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