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Dai Yokai

Masques inspirés du folklore japonais

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Folklore japonais

10 yōkai et figures du folklore japonais à connaître

Oni, Kitsune, Hannya, Tengu, Kappa, Tanuki, Yūrei, Jorōgumo, Nekomata et Gashadokuro, avec leur statut et les confusions à éviter.

8 min de lecture
Publié le Mis à jour le

Cette sélection réunit dix figures souvent rencontrées dans les récits, les masques et l’image populaire du Japon. Elles ne sont pas toutes des yōkai au sens strict : Hannya vient d’abord du théâtre nō et yūrei désigne un fantôme humain.

Pour comprendre ce que désigne le mot, lisez la définition des yōkai et leurs origines.

Dix figures comparées

Sur petit écran, faites défiler le tableau horizontalement pour lire toutes les colonnes.

Figure Repère principal Confusion à éviter
Oni Figure surnaturelle aux rôles variables Pas l’équivalent exact du démon chrétien
Kitsune Renard métamorphe dans de nombreux récits Inari est la divinité, le renard son messager
Hannya Masque et rôle du théâtre nō Ce n’est pas un type d’Oni
Tengu Figures liées aux montagnes Leur apparence ne suit pas deux espèces rigides
Kappa Créature aquatique Les récits diffèrent selon les régions
Tanuki Animal réel et métamorphe folklorique La statue porte-bonheur ne résume pas tous les récits
Yūrei Fantôme humain Ce n’est pas un yōkai au sens le plus précis
Jorōgumo Femme-araignée de certains récits Pas de règle universelle des 400 ans
Nekomata Chat âgé devenu surnaturel La double queue est une convention visuelle, pas une formule
Gashadokuro Squelette géant nommé au XXe siècle Le squelette de Kuniyoshi n’avait pas ce nom

Pour découvrir d’autres figures au-delà de cette sélection, le Dictionnaire des Yôkai de Shigeru Mizuki propose une approche illustrée du folklore japonais. L’édition Pika de 2015 est en français.

Plusieurs rangées de masques Oni, Hannya, Kitsune et Mempo sur un présentoir en bois.
Découvrir les masques de l’atelier. Créations contemporaines inspirées du folklore et du théâtre japonais. Photo Dai Yokai.

Oni, Kitsune, Hannya, Tengu et Kappa

1. Oni (鬼)

L’Oni apparaît comme une figure puissante et inquiétante, souvent dotée de cornes, de crocs et d’une massue. Son rôle n’est pourtant pas identique partout. Il peut menacer, punir ou participer à l’expulsion symbolique du malheur. Les visages féroces des onigawara jouent aussi un rôle de garde sur des bâtiments. Le dossier Setsubun de la Bibliothèque nationale de la Diète donne un repère historique sur l’expulsion des Oni.

Masque Oni Gawara rouge aux cornes dorées, à la moustache et à la barbe noires, tenu en main
Masque Oni Gawara, peint et fini à la main. Photo Dai Yokai. Voir le masque Oni Gawara. Pour approfondir : guide de l’Oni japonais.

2. Kitsune (狐)

Les renards capables de métamorphose occupent une place importante dans les récits japonais. Ils peuvent aider, tromper ou éprouver les humains selon l’histoire. Selon la FAQ de Fushimi Inari Taisha, Inari n’est pas un renard : les renards sont ses messagers. La séparation entre un Zenko toujours bon et un Nogitsune toujours mauvais est trop rigide, tout comme l’idée d’une queue gagnée automatiquement à intervalles fixes.

Masques Kitsune de plusieurs couleurs alignés sur une étagère en bois
Masques Kitsune kawaii, en plusieurs finitions. Photo Dai Yokai. Voir le masque Kitsune kawaii. Pour approfondir : guide du Kitsune.

3. Hannya (般若)

Hannya est d’abord un type de masque du théâtre nō, comme le documente la notice du musée du château de Hikone. Il représente un personnage féminin transformé sous l’effet de la jalousie, de la colère et de la souffrance. L’inclinaison du masque et la lumière permettent à l’acteur de faire lire plusieurs émotions. L’appeler simplement « femme devenue démon » efface le contexte théâtral et le caractère tragique du rôle.

Trois masques Hannya bleu, rouge et blanc présentés sur des supports noirs
Voir les masques Hannya. Trois interprétations contemporaines des formes de Hannya. Photo Dai Yokai. Pour approfondir : guide du masque Hannya.

4. Tengu (天狗)

Les Tengu sont liés aux montagnes et changent d’apparence au fil des œuvres. Certaines formes ont un bec d’oiseau, d’autres un visage humain au long nez. Ces images ne forment pas deux espèces rigides et le mot Daitengu ne désigne pas automatiquement tout personnage au long nez. Les récits autour de Sōjōbō et de Yoshitsune ont contribué à leur réputation martiale.

Masques Tengu à longs nez de plusieurs couleurs alignés sur des supports noirs
Voir les masques Tengu. Le long nez est ici repris dans plusieurs créations contemporaines. Photo Dai Yokai. Pour approfondir : l’origine et les formes du Tengu.

5. Kappa (河童)

Le Kappa est une créature aquatique décrite dans de nombreuses régions. Sa coupelle remplie d’eau, son goût pour les concombres et sa passion du sumo sont devenus des motifs connus. La révérence qui renverse l’eau du crâne appartient à certaines versions du récit, pas à une règle unique. Derrière l’image parfois drôle subsiste souvent un avertissement lié au danger des rivières.

Masque Kappa vert au bec jaune-orangé et aux cheveux sombres sur une étagère
Voir le masque Kappa. Une création contemporaine inspirée du Kappa ; ses formes ne résument pas toutes les variantes du récit. Photo Dai Yokai. Pour approfondir : guide du Kappa.

Tanuki, Yūrei, Jorōgumo, Nekomata et Gashadokuro

6. Tanuki (狸)

Le tanuki est d’abord un animal réel, le chien viverrin japonais. Dans le folklore, il devient un métamorphe farceur capable de tromper les humains. Les statues avec chapeau et bouteille de saké ont diffusé une image familière et porte-bonheur, mais elles ne résument pas la variété des récits plus anciens.

Un moine assis près d’une bouilloire, dans l’estampe de Yoshitoshi consacrée au tanuki de Morin-ji.
Tsukioka Yoshitoshi, Bunbuku chagama du temple Morin-ji, 1892. Dans cette version du récit, le moine est un tanuki métamorphe. Source : NDL Image Bank, Bibliothèque nationale de la Diète, Japon. Domaine public. Notice de l’œuvre.

Le guide du Tanuki sépare l’animal réel, les récits de métamorphose et les statues modernes.

7. Yūrei (幽霊)

Le yūrei est le fantôme d’une personne morte. Le kimono funéraire blanc, les cheveux longs et l’absence de pieds forment une iconographie devenue conventionnelle dans les arts, sans être des traits obligatoires dans chaque récit. Oiwa et Okiku comptent parmi les figures les plus connues, chacune liée à un récit particulier.

Une lanterne déchirée forme le visage du fantôme Oiwa, aux longs cheveux noirs, sur fond bleu.
Katsushika Hokusai, Le fantôme d’Oiwa, vers 1831-1832, série Cent histoires de fantômes. Minneapolis Institute of Art, 56.52.1, don de Louis W. Hill, Jr. Domaine public. Notice de l’œuvre.

Le guide des yūrei revient sur l’iconographie et plusieurs récits nommés.

8. Jorōgumo (絡新婦)

Jorōgumo est une femme-araignée capable de métamorphose dans certains récits et images de l’époque d’Edo. Les détails changent selon les textes : séduction, fils, eau ou musique peuvent apparaître, mais l’âge exact de quatre cents ans et une espèce zoologique unique ne forment pas une règle commune.

Jorōgumo sous une forme féminine, entourée de pattes d’araignée et de petites araignées, dans une gravure de Sekien.
Jorōgumo par Toriyama Sekien, Gazu Hyakki Yagyō, édition de 1805 (première édition en 1776). Source : NDL Image Bank, Bibliothèque nationale de la Diète, Japon. Domaine public. Notice de l’œuvre.

Le guide de Jorōgumo distingue les sources d’Edo des ajouts modernes.

9. Nekomata (猫又)

Dans plusieurs récits, un chat âgé devient une créature surnaturelle. La représentation du Nekomata avec deux queues s’est largement diffusée dans la culture visuelle de l’époque d’Edo. Parole, danse, métamorphose ou rapport aux morts varient selon les sources. Il n’existe pas une règle unique qui permettrait de prédire la transformation d’un chat.

Masque félin rouge et noir aux cornes et crocs dorés tenu en main
Voir le masque Nekomata. Création contemporaine inspirée du chat surnaturel, peinte et finie à la main. Photo Dai Yokai. Pour approfondir : guide de Nekomata et Bakeneko.

10. Gashadokuro (がしゃどくろ)

Le Gashadokuro nommé comme tel est une création éditoriale moderne attestée en 1966, ensuite intégrée aux encyclopédies de yōkai. Le triptyque de Kuniyoshi conservé au Tokyo Fuji Art Museum, daté vers 1845-1846 par le musée, montre un spectre invoqué par Takiyasha. Son identification au Gashadokuro est postérieure, comme le montrent les recherches présentées par Hirota Ryūhei dans le Japanese Journal of Religious Studies (2021).

Triptyque de Kuniyoshi montrant Takiyasha à gauche et un squelette géant surgissant devant deux hommes.
Utagawa Kuniyoshi, La princesse Takiyasha invoque un squelette monstrueux dans l’ancien palais de Sōma, vers 1845-1846. Collection du Tokyo Fuji Art Museum. CC0. Ce spectre précède le Gashadokuro nommé au XXe siècle. Notice de l’œuvre.

Le guide du Gashadokuro sépare la créature moderne du squelette de Kuniyoshi.

Les masques japonais de Dai Yokai reprennent plusieurs de ces figures dans des créations contemporaines imprimées en PETG et peintes à la main.

Lire les formes sans confondre les figures

Des cornes et des crocs ne suffisent pas à distinguer un Oni d’un Hannya. Il faut aussi regarder le type de visage et connaître le contexte : figure du folklore pour l’un, masque d’un rôle féminin du nō pour l’autre. De même, un visage de renard peut rappeler les messagers d’Inari sans représenter la divinité elle-même. Sur une création contemporaine, la couleur et la finition relèvent aussi du choix de l’atelier.

Questions fréquentes

Existe-t-il un yōkai plus puissant que tous les autres ?

Non, pas dans un classement commun à toutes les traditions. Les pouvoirs changent selon les récits. Comparer une créature aquatique, un fantôme et un masque de théâtre sur une seule échelle produit surtout une réponse moderne.

Ces dix figures résument-elles tout le folklore japonais ?

Non. Elles servent de porte d’entrée. Les bases de récits japonais recensent des milliers de figures, phénomènes et variantes locales qui ne tiennent pas dans une liste de dix noms.

Sources et guides

Découvrez aussi les livres de ma bibliothèque sur les yōkai et l’art japonais.

Pour aller plus loin

Sélection établie à partir des notices des éditeurs, sans lecture intégrale pour cette sélection. La langue du livre est précisée pour chaque édition.

Ces liens peuvent me rapporter une commission.

  • Dictionnaire des Yôkai

    Pour poursuivre la découverte figure par figure, le Dictionnaire des Yôkai de Shigeru Mizuki offre une entrée illustrée dans le folklore japonais. Édition française intégrale, Pika, 2015, brochée. Cette approche d’auteur convient aux curieux ; elle ne remplace pas une étude historique critique.

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